Mobilisation lycéenne : le gouvernement est-il dépassé par la crise ?

Publié Mis à jour
JT de 20h du Dimanche 04 octobre 2026 France 2
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Article rédigé par France 2 - A. Peyrout, T. Curtet, S. Gravelaine. Édité par l'agence 6Medias
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La France est-elle encore capable d’installer un réel dialogue avec des solutions face aux revendications des lycéens ? Le Premier ministre a adressé une feuille de route et des propositions à leur adresse, dans la soirée du dimanche 4 octobre.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Après deux semaines de mouvements lycéens, émaillés parfois de violence, le gouvernement affiche aujourd'hui un message officiel : il est serein et à l'écoute. "Le dialogue, honnêtement, il existe et les instances de dialogue, pardonnez-moi, mais elles existent. Après, la vraie question, c'est de savoir si on est capable de tirer des conséquences de ce qui s'y dit", a déclaré Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, sur France Inter ce dimanche 4 octobre.

Mais alors que les blocages pourraient reprendre dès lundi et que la semaine s'annonce tendue, l'exécutif est-il en coulisses aussi tranquille, ou craint-il d'être dépassé ? Mardi 6 octobre : la date est cochée dans l'esprit du gouvernement, avec un nouvel appel à manifester du mouvement de la jeunesse. Une journée à haut risque, donc. "Si mardi c'est calme et que la manif est encadrée, ça peut canaliser le mouvement, espère un ministre. Par contre, si ça dégénère, tout peut s'embraser."

La situation des forces de l'ordre inquiète

D'autant que la situation des forces de l'ordre inquiète. Selon une source gouvernementale, mercredi, en conseil des ministres, ceux de l'Intérieur et de la Justice sont intervenus et ont alerté : il n'y a plus beaucoup de marge en termes de policiers à déployer. La crainte ? Revivre les émeutes urbaines de juillet 2023 après la mort du jeune Nahel, tué par un tir policier après un refus d'obtempérer. "Si t'as un ministre qui dit une connerie ou une bavure policière, d'un coup t'as plus 5 000 mecs dehors mais 50 000. Et là, ça devient la merde", prédit un conseiller de l'exécutif.

Alors comment, au contraire, calmer la colère ? En coulisses, un député macroniste se désespère : "Je ne comprends pas la position du gouvernement. On attend que ça pète pour avoir une réaction. On a un énorme problème de com'." Un conseiller gouvernemental, lui, temporise : "Un mouvement de lycéens, ça s'accompagne. Il ne faut pas l'arrêter. Il ne faut juste pas qu'il dégénère."

Pour cela, le gouvernement pourrait renoncer à quelques-unes des coupes budgétaires annoncées dans le projet de loi de finances, pour tenter de calmer la grogne.

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